PORTRAIT DE MERCENAIRE : Benoît LASSABE

Le FC Doazit est un grand club formateur en témoigne l’écrasante majorité de joueurs du sérail formant l’équipe première. Pourtant, quelques hommes issus de contrées plus ou moins lointaines ont fait leur place dans l’effectif rouge et bleu. Régulièrement notre journaliste Jack Lang-Deputte partira à la rencontre de ces mercenaires venus chercher la gloire, l’argent et les filles faciles du côté du Mus.

« Benoît Lassabe ». La seule évocation de ce nom fait parcourir des frissons dans l’échine de toutes (tous ?) les post-pubères dans un rayon de 30 kilomètres autour de Mont-de-Marsan. Débarqué en terre chalossaise aux alentours de l’été 2010, Benoît a depuis frappé les esprits (aussi bien féminins que masculins) par sa conception particulière des relations interpersonnelles et son langage du corps unique.

En véritable homme de terrain, notre journaliste vedette a pris tous les risques et franchi tous les obstacles pour décrocher un entretien exclusif avec le milieu de terrain doazitien. Après des mois d’attente, c’est sous une surveillance rapprochée que Jack découvre Benoît et peut enfin lancer les bases d’un échange frappé du sceau de l’honnêteté et de la franchise.

 

ENTRETIEN

Jack Lang Deputte : Bonjour Benoît. Non voyons, restez assis. Eh bien dites moi c’est la croix et la bannière pour vous rencontrer !

Benoît Lassabe : grmmllbbllbllfrrr.

JLD : Hum, hum. Bien, sinon, comment allez-vous Benoît ?

BL : vrrppprrrggrrrpppttfffr.

JLD : Pardonnez-moi, je ne suis pas sûr d’avoir bien compris.  

BL : VRRPPPRRRGGRRRPPPTTFFFR !

JLD : Euh, non je pipe rien. Monsieur ! Oui, vous là en blanc ! Vous auriez moyen d’enlever ce truc là, sur le visage de M. Lassabe ? Je ne comprends rien à ce qu’il dit.

[…]

Merci Monsieur.

BL : Ah, fa va mieux, ve peux refpirer.

JLD : Benoît vous avez encore un truc de coincé dans les dents je crois bien.

BL : Ah oui, vous avez raison. C’est une petite culotte que j’avais subtilisée pour les Madeleines. Madeleines 2011. Et moi qui pensais l’avoir égarée ! Sacrée Christine, té.

 JLD : Certes… Venons en à l’objet de l’interview si vous le voulez bien. Vous avez 25 ans lorsque vous portez la tunique rouge et bleu pour la toute première fois. Avant cela, quel a été votre parcours footballistique ?

BL : Géographiquement montois, j’ai fait mes classes à l’Etoile où j’ai connu toutes les équipes de jeunes jusqu’aux 18 ans. Après une tentative à St-Martin d’Oney j’ai tenté de m’y imposer en senior mais des blessures récurrentes et les études m’éloigneront du foot pendant 5 ans.

JLD : Est-ce qu’on peut dire que, à l’image d’un Lance Armstrong, ces blessures vous ont rendu plus fort Benoît ?

BL : Pas du tout. J’ai surtout compris que j’avais une hygiène de vie dégueulasse. Et que si je ne me reprenais pas, je courais vers une fin de carrière à la Lars Elstrup (qui était alors un petit peu mon modèle).

JLD : Au-delà de vos prédispositions mentales, quel type de joueur êtes-vous ?

BL : Aussi bien physiquement que footballistiquement, j’ai un style assez indéfinissable je crois. Même si je me sens plutôt à l’aise au poste de milieu relayeur, je ne suis ni vraiment technique ni vraiment rapide, et mes qualités sont plutôt de l’ordre de la combattivité et de la sobriété. D’ailleurs mon joueur modèle est un peu de cet acabit. Je possède même un verre à son effigie, et je n’imagine certainement pas passer un repas sans poser mes lèvres sur son visage. Youri, je t’aime.

JLD : Si vous deviez partir sur une île déserte avec 3 objets, vous amèneriez donc votre verre fétiche ?

BL : Non je ne crois pas. Je crois que je prendrais des objets conformes à mon image sur le terrain, celle d’un joueur polyvalent capable de souffler le froid et le chaud. Je prendrais donc un couteau suisse, une glacière et un barbecue, en bon pragmatique. Et puis surtout je vivrais tout nu à longueur de journées, et ça ce serait vraiment le pied.

JLD : Je vois que le temps qui nous était imparti touché à sa fin Benoît. Pour finir, si vous deviez élire le plus catastrophique de vos coéquipiers ?

BL : Mon frère, Laurent Lassabe. Parce qu’il a oublié la Saint-Michel.

 


 

L’AVIS DU PROCHE

C’est au petit matin, sortant du SHODLAKAN dans un état passablement éméché que nous avons retrouvé Florian Tauzia. Colocataire de Benoît jusqu’à très récemment, Florian nous livre ses impressions sur le bonhomme sans concession, un 64ème whisky-coca à la main.

 

Florian Tauzia : Dans la vie Beub est un super mec, amoureux de la philosophie turque et collectionneur de papillons japonais ! Il aime bien danser la salsa mais déteste les restaurants italiens et les jeux de cartes.

JLD : Pourtant, à l’écouter, on aurait cru qu’il était branché foot surtout…

FT : Ben le mec il est supporter de l’OM et premier fan de Youri Djorkaeff. A partir de là, est-ce qu’on peut parler d’un fan de foot ? Je ne sais pas. Ce qui est sûr par contre, c’est que ça doit expliquer en partie ses lourds problèmes psychologiques.

JLD : De lourds problèmes psychologiques ? Tant que ça ?

FT : Oh oui. Il a notamment un rapport à la nudité très très particulier. On ne compte plus les fois où il a fini totalement nu : sur le comptoir de l’Osasuna en pleines fêtes des Madeleines, au siège à Doazit, ou bien encore… (silence gêné) enfin bref. D’ailleurs notre coach (NDLR : JP Dubroca) dit souvent de lui qu’il possède « un gros volume ».

JLD : On vous a senti gêné Florian. Vous alliez nous dire quelque chose ?

FT : Oui, mais non, je ne peux pas.

JLD : Et si je vous offre un whisky ?

FT (le regard brillant comme un enfant un 25 décembre au matin) : Bon d’accord. C’était la saison dernière il me semble, lors d’un match à Siros. Les douches étaient particulièrement exiguës. Profitant de la promiscuité, Benoît est passé au milieu de nous tous en chantant et en nous tapotant les fesses. J’ai senti à ce moment précis que j’avais changé. Le lendemain, je pliais ma collection de caleçons à l’effigie d’animaux de la jungle, les rangeais dans ma valise et rejoignais sa maison montoise pour vivre avec lui.

JLD : Pourtant, récemment vous nous avez annoncé que vous quittiez la colocation. Quelles ont été vos motivations ?

FT : Un jour j’ai eu un déclic. J’étais dans la cuisine, en train de préparer mon bol de Miel Pops et Beub est arrivé par derrière violemment - nu comme un ver bien sûr - et m’a plaqué contre l’évier pendant une heure de temps. C’était insoutenable, rien que d’y penser… (Florian a du mal à ravaler ses larmes)

JLD : Vous voulez dire que Benoît vous a fait souffrir dans votre chair ?

FT : Ah non ! Pas du tout ! C’est l’odeur de l’évier qui était insoutenable ! Un vrai cimetière indien ce truc-là !

JLD : Du coup, aucun remord de laisser Benoît seul ?

FT : Ah mais il n’est pas seul du tout ! Il a adopté un bigueul à poils longs qu’il a appelé Vincent. Il l’adore, il n’arrête pas de le caresser ! Il lui a même acheté une paire de baskets américaines hors de prix, c’est vous dire !

 

Vincent, le beagle de Benoît (sans ses baskets)

JLD : Quel avenir voyez-vous se dessiner pour votre ancien coloc ? Niveau foot comme niveau perso ?

FT : Je pense tout d'abord qu'il va briller avec le FC Doazit, qu'il va participer amplement à la conquête de la coupe des landes 2015 (dont il sera élu MVP) ! Cela va avoir pour conséquence une montée de sa cote de joueur, et des demandes de nombreux clubs, dont le Stade Montois où il va signer et briller en CFA en tant que latéral, ou milieu défensif voire ailier peut-être! Il se mariera avec une de ses cousines, avec laquelle il aura 2 enfants : Michel et Michelle. Et ils habiteront bien évidemment a la coloc 248 rue sai*t pier*e 400*0 M*nt-de-Mars*n ! (pour des raisons de confidentialité nous avons dû crypter l’adresse réelle)

JLD : Pour finir Florian, un message personnel à adresser à Benoît ?

FT : Je suis fier de jouer à tes cotés au football ! Garde la pêche, on a la dalle et rien dans le bide ! Et pour citer B2oba, il n'y a que des numéros 10 dans Ta team, ouais ouais !

 

BONUS : LE SOSIE OFFICIEL

 

PORTRAIT DE MERCENAIRE : Marc BREUILLAUD

Le FC Doazit est un grand club formateur en témoigne l’écrasante majorité de joueurs du sérail formant l’équipe première. Pourtant, quelques hommes issus de contrées plus ou moins lointaines ont fait leur place dans l’effectif rouge et bleu. Régulièrement notre journaliste Jack Lang-Deputte partira à la rencontre de ces mercenaires venus chercher la gloire, l’argent et les filles faciles du côté du Mus.

C’est à l’été 2012 que Marc Breuillaud décide audacieusement de franchir la main courante qui sépare la buvette du Mus dont il est un habitué régulier du carré vert. Pour cela, il pose sa main gauche sur la barre d’acier, entreprend de lever son genou droit, se ravise, se recroqueville puis roule sous la barrière. Parce que faut pas déconner non plus.

Mais qui est donc cet étrange bonhomme à la gouaille primesautière, aux mains parées tantôt de gants tantôt de bières ?

Ne reculant devant aucun danger, notre intrépide reporter Jack Lang-Deputte s’est déplacé jusqu’à Pau pour rencontrer et découvrir un peu mieux l’intéressé. Ce Marc Breuillaud s’inscrit-il dans la lignée des François Hourcau et autres Thomas Gachie, venus en terre doazitienne par pur appât de la caillasse et des femmes faciles ?

 

ENTRETIEN

Jack Lang Deputte : Bonjour Marc. Je ne vous dérange pas, vous me permettez d’entrer ?

Quelqu’un : non moi c’est Christine. Marc c’est l’appartement en face Monsieur.

JLD : Ah excusez-moi.

[TOC TOC TOC]

JLD : Bonjour Christine. Je ne vous dérange pas, vous me permettez d’entrer ?

Marc Breuillaud : non moi c’est Marc. Mais allez-y Jack, faites comme chez vous. Permettez-moi simplement de terminer mon entrecôte rossini et ses pommes dauphines, vous comprenez c’est l’heure de goûter et j’avais plus de ris d’agneau.

JLD : Bien sûr Marc, pas de souci. Bon, commençons par le commencement. On ne peut pas dire que dès votre plus tendre enfance, vous baignez dans le football…

MB : Ah c’est le moins qu’on puisse dire en effet ! J’ai beau être le petit dernier d’une fratrie de 5 garçons, pas un seul membre de la famille pour s’intéresser au foot ! Il a donc fallu que je m’y mette pour balayer cette anomalie statistique.

JLD : Mais qui vous a transmis le virus du ballon rond si ce n’est votre famille ?

MB : essentiellement Per Ciljan Skjelbred, Greg Halford et Sherman Cardenas.

JLD : ce sont des amis Ă  vous ?

MB : non ! ce sont les joueurs qui m’ont permis de gagner la Ligue des Champions 2016 avec le RC Lens dans ma partie de Football Manager 2008.

JLD : ah oui, c’est vrai que le RC Lens et vous c’est une grande histoire d’amour !

MB : ah, c’est le club de mon cœur indubitablement. Les corons, les mineurs, Yoann Lachor… Si seulement le magnifique titre de 98 n’avait pas été sali par la prestation des Bleus la même année (et sans que Mika Debève soit sélectionné en plus). J’ai également un petit faible pour Franck Queudrue et son adresse légendaire. J’ai d’ailleurs toujours rêvé de voir sur le flanc gauche lensois un duo Quaresma-Queudrue.

 

JLD : le RC Lens vous influence bien au-delà de la sphère footballistique puisque j’ai cru comprendre qu’elle avait également influencé votre vie professionnelle ?

MB : je vois que vous êtes bien renseigné Jack. Le Pas-de-Calais ça vous marque un homme au fer rouge. J’ai d’abord tenté le concours d’agent de Pole Emploi mais je l’ai loupé. Du coup tout naturellement, je me suis tourné vers les enfants. Dans le social bien évidemment.

JLD : Revenons-en au foot. Le poste de gardien de but, en arrivant aussi tard au foot, peut paraître un choix étonnant ?

MB : au contraire, ce poste coulait de source pour moi. Avec mon petit passé de tennisman, j’ai bien essayé de continuer à faire trembler les filets, mais rapidement mon souffle court a rappelé à mon bon souvenir ma condition physique. Et puis quand je suis arrivé au club, il n’y avait qu’un seul gardien, et on sait qu’en France on a en général deux goals.

JLD : pour finir Marc, quelles sont les trois choses que vous amèneriez sur une île déserte, et la personne du club que vous n’amèneriez pas avec vous ?

MB : pour les trois objets, je dirais un album de Pierre Bachelet tout d’abord. Et puis comme je suis pas con et que j’ai le sens pratique, un maillot de bain et une serviette aussi (note de JLD : faudra que Marc et son sens pratique nous explique comment il va écouter son album sur l’île). Pour la personne que je ne voudrais absolument pas avec moi, c’est facile : Cyril Lafargue. Sans déconner, un fils de laitier qui n’aime pas le fromage, on n’a pas idée !

 


 

L’AVIS DU PROCHE

Observateur privilégié du spécimen, Cyril Lafargue a accepté de nous confier ses impressions sur Marc. Et il n’y va pas avec le dos de la main morte.

Cyril Lafargue : Marc c’est avant tout un mec qui se cherche. Déjà dans sa jeunesse, outre le tennis, on l’a vu s’essayer à la musique (la guitare en l’occurrence), au rugby à St-Pierre-du-Mont (une ville que j’adore, soit dit en passant)... Ça n’a pas changé au foot. Gardien, latéral, milieu offensif, spectateur… Il touche un peu à tout sans vraiment savoir quelle est sa place de prédilection. J’avoue que moi non plus d’ailleurs.

JLD : Pourtant vous me disiez qu’il pouvait aussi faire preuve de précocité dans certains domaines.

CL : oui, pour fumer. Quand on est à un paquet par jour à onze ans, c’est un peu une sorte de don. Et pour les conneries également, il a déjà fait étalage d’un talent certain.

JLD : C’est-à-dire ?

CL : oh ben vous savez, quand sitôt le permis obtenu, vous cassez votre voiture en rentrant des fêtes de Samadet, et que vous ne vous en rappelez absolument pas en vous levant le lendemain matin ça vous classe un homme. Bon, maintenant, je peux vous assurer qu’il s’en rappelle clairement. Je pense que la facture de 1800€ qui a suivi a un peu aidé.

JLD : mais au niveau qualités humaines, c’est un bon copain, non ?

CL : plutôt que lensois il aurait pu être auvergnat tant il compte le moindre sou ! Mais bon à la moindre économie, il n’hésite pas à s’offrir une grosse entrecôte. La bouffe est un peu le moteur de sa vie. Après il sait aussi partager… sa bonne humeur. D’ailleurs son côté sociable lui servira indubitablement dans son avenir professionnel. Il faut surtout dire aussi que ça l’arrange de travailler avec des enfants : ça lui permet de le rester plus longtemps.

 


 

L’AVIS DES EXPERTS

François Saint-Martin : « je lui chie dessus, comme tous les autres mercenaires qui ne sont pas passés par mon centre de formation. »

Gaël Dupèbe : « c’est un gars gentil. Un peu trop à mon goût sur le terrain d’ailleurs. »

Pape Diouf : « nonobstant un panel de qualités intrinsèques infinitésimal, Marc, malgré quelques saillies superfétatoires, fait figure de chantre de la bonne chère et du plaisir cardinal du ballon sphérique. »

Gilles Moity : « Oui je l’aime bien Marc, c’est un brave gars. Mais bon je lui en veux toujours un peu de m’avoir piqué ma place en première. »

Omar (ex entraîneur de la 3) : « ah oui, je le connais bien. C’est vraiment un bon gars, ce Marcel. »

Dieudonné : « Puisque tu aimes cuisiner Marc, appelle-moi. Je te filerai une super recette de quenelles. »

PORTRAIT DE MERCENAIRE : Thomas GACHIE

Le FC Doazit est un grand club formateur en témoigne l’écrasante majorité de joueurs du sérail formant l’équipe première. Pourtant, quelques hommes issus de contrées plus ou moins lointaines ont fait leur place dans l’effectif rouge et bleu. Régulièrement notre journaliste Jack Lang-Deputte partira à la rencontre de ces mercenaires venus chercher la gloire, l’argent et les filles faciles du côté du Mus.

 

Thomas Gachie. « Gachette » pour les intimes. « Maître Gachie » pour le proxénète tchétchène qui le côtoie quotidiennement. Ou bien encore « L’Otregrokondeussiç » pour tous les milieux de terrain landais qui ont la chance d’affronter régulièrement l’équipe 2 de Doazit.

Le personnage semble désormais faire partie des murs du FCD. Pourtant, sa technique balle au pied témoigne qu’il n’a pas été formé dans la maison rouge et bleu. Avant de rallier la Chalosse il a maintes fois changé de maillot (normal pour un avocat). Et même changé de sport !

Jack Lang-Deputte nous fait découvrir ce drôle de bonhomme, le temps d’un déjeuner (omelettes de blancs d’œuf, pintxos de compléments protéinés, le tout arrosé de shooters tequila-gin-vodka-piment-red bull) au Divan, le fief de Thomas, la mallette des différents pots-de-vin étant dissimulée dans le sous-sol de l’établissement. .

Jack Lang-Deputte : Thomas, avant de venir fouler la pelouse du Mus, on ne peut pas dire que votre parcours jusqu'au FCD était tout tracé ?

Thomas Gachie : Ah c’est le moins que l’on puisse dire Jack ! Déjà, j’ai fait mes premières classes à Floirac, un club pas forcément copain avec le FCD. J’étais un gardien un peu fantasque, ça à la limite, ça pouvait coller à l’image du club ! Tiens Franck, tu me mets un shooter bazooka-mandarine steup ?

JLD : et puis à 10 ans, grosse décision, vous troquez les crampons pour la raquette.

TG : oui en fait je savais que j’étais un Escudé en puissance, mais je ne savais pas encore si c’était Julien ou Nicolas ! En même temps dans les deux cas, j’étais prédestiné à être un mec qui plafonne rapidement dans son sport, mais qui se réfugie derrière les prétextes d’une blessure.

JLD : vous parlez de désagréments physiques, je devine pourtant sous votre tee-shirt G-STAR un biceps qui en ferait pâlir d’envie plus d’une…

TG : c’est vrai que je suis bien gaulé. D’ailleurs, au foot j’ai plutôt tout misé sur mon physique que sur ma technique. Un peu comme avec les gonzesses avec qui j’ai tout misé sur mon physique plutôt que mon humour ! Ah ah ah ! Tiens Francky, balance moi un shooter Ricard-ananas puisque tu passes par là.

JLD : mais alors Thomas comment passe-t-on de tennisman saint-séverain à footballeur doazitien ?

TG : c’est bien simple via une étape nommée St-Maurice. J’y ai repris goût au foot aux côtés de quelques hurluberlus : Yannick Brethous le footballeur aux jambes en mousse, Mathieu Molto le footballeur au mental en mousse ou encore Vincent Besnard le footballeur à l’estomac plein de mousse. Les deux premiers ont trouvé le passage pour fuir le Tursan et rallier la Chalosse, je les ai suivis, tout simplement ! Franckounet, un ch’ti shooter de plus teu’plé ? Un Whisky-Porto-Goyave ?

JLD : ça fait plusieurs années que vous faites parler votre fougue sous le maillot doazitien ? Qu’est-ce qui explique une telle longévité ?

TG : Aidé par un collègue du barreau de New-York j’ai bien baisé Papy Darget et Michel Duluc ! Ils ont cru que je signais un contrat d’une saison, sauf que j’y ai glissé une clause unilatérale de renouvellement tacite bisannuel. Du coup, tous les ans ils pensent que j’arrête et hop je rempile ! Héhé, ça me fait marrer à chaque fois !

JLD : Mais à bientôt 33 ans, vous n’avez pas envie d’arrêter parfois ?

TG : vous savez se faire traiter de tafiole à longueurs de journées parce que vous vous trimballez en robe, c’est gonflant. Alors ça fait toujours du bien de mettre quelques tacles à la carotide pour se défouler… Tiens, en parlant de se défouler, mon petit Franck d’amour, tu serais un chou de m’offrir un shooter d’armagnac-mirabelle-crème de marron flambé !  Jack, toujours pas ?

JLD : au revoir Thomas.

 


 

Pour défendre Thomas, il fallait bien lui trouver un…avocat ! Qui de mieux placé que Maxime Noguès, péroreur invétéré, hâbleur insatiable, pour monter au barreau ? Wilfried, du Parquet, certes, mais impossible de le trouver, il s’tait caché.

Jack Lang-Deputte : Thomas est dans le civil un avocat reconnu sur la place montoise, et dans le privé le père de famille d’une jolie petite famille. N’a-t-on pas là le portrait de la classe à l’état pur ?

Maxime Noguès : Ecoutez Jack, vous parlez du côté face du personnage. Mais côté pile, nous avons quelqu’un qui est Président du Comité des Fêtes de Classun…

JLD : C’est-à-dire ? Vous sous-entendez qu’il est attaché à ses racines ? Soucieux de faire vivre le tissu associatif dans un contexte de ruralité ?

MN : Non. Je veux dire que ce mec a un problème. Il est bringophile. Tout est prétexte à la bombe. Rien que cet automne, il a déjà à son compteur un repas de la chasse à St-Loubouer, une croupionnade à Buanes et un thé dansant à Eugénie.

JLD : En fait, Thomas est un homme exemplaire en pays montois et perverti dans le Tursan ?

MN : Ah mais c’est bien pire que ça ! Au mois de juillet dernier, le GIGN a dû intervenir dans un bureau montois pour expulser un jeune musulman barbu et enturbanné dangereux. Il régnait une odeur absolument immonde. Après 4 heures de garde à vue, les policiers se sont rendus compte qu’il s’agissait de Thomas, lequel avait dormi 6 nuits de suite dans son cabinet pour la Madeleine, tee-shirt ensangrianté et duvet naissant sur la tête.

JLD : Niveau football, Thomas s’est présenté avant tout comme un joueur de devoir. Qu’en pensez-vous ?

MN : Il s’autoproclame « roc », ça me fait rigoler ! Un mec qui est blessé la moitié de la saison ça la fout mal pour un roc ! Il est plus « Maroc » que « Roc » si vous voulez mon avis !


Conclusion : Thomas a hésité longtemps entre tennis et football. Manque de bol, ce n’est que dans le premier des deux qu’il parvient à faire trembler le filet. Aujourd’hui, les seuls shoots qu’il arrive à cadrer, il se les envoie dans le gosier, et par dizaines qu’il vous plaît.

Le torse de Hulk avec la santé physique de Xavier Pentecôte ont fait de Thomas un joueur hybride mi-blessé, mi-blesseur. Totalement obsédé par la bombe on ne peut plus rien pour lui, même avec la meilleure des plaidoiries.

Heureusement, les Doazitiens « pure souche » connaissent les mêmes dévoiements. Alors pour se rassurer qu’on est pas si dégénérés que ça, on va le garder encore un peu à Maître Gachie.

PORTRAIT DE MERCENAIRE : François HOURCAU

Le FC Doazit est un grand club formateur en témoigne l’écrasante majorité de joueurs du sérail formant l’équipe première. Pourtant, quelques hommes issus de contrées plus ou moins lointaines ont fait leur place dans l’effectif rouge et bleu. Régulièrement notre journaliste Jack Lang-Deputte partira à la rencontre de ces mercenaires venus chercher la gloire, l’argent et les filles faciles du côté du Mus.

François Hourcau s’est incrusté à Doazit en 2009. Auparavant il avait été rejeté par tous les clubs montois : l’Etoile le congédie en 1997, le Stade lui demande de faire ses valises en 2004 puis une autre fois en 2009, l’Osasuna ou le Kalimutxo le virent régulièrement chaque samedi soir au moment où il se plaît à déféquer porte ouverte dans la boîte. Pas avare de blagues, François s’essaiera même 4 ans durant au rugby à St-Pierre du Mont, où ses mensurations (1,72m, 94kg) le conduiront tout naturellement au poste d’ailier.

Neveu du Président du FC Poudenx, François se tourne vers la Chalosse pour rebondir sportivement en 2009. Mais étant moins porté sur la famille et la fidélité que sur la trahison et l’égocentrisme, il signe au FCD et fait un gros bras d’honneur à tonton, sans le moindre scrupule.

Notre journaliste Jack Lang-Deputte est parti à la rencontre de François qui l’a reçu dans son appartement montois, bouteille de Kas Orange et paquet de Curly format familial à la main. Petit entretien, à 9h30 du matin.

 

Jack Lang Deputte : François, après l’Etoile et le Stade Montois, vous atterrissez au FCD. Avez-vous vécu votre aventure montoise comme un échec ?

François Hourcau : Pas du tout. Si j’ai préféré rebondir ailleurs c’est essentiellement en raisons de problèmes physiques et  notamment une grosse blessure au genou. Pour autant, j’ai montré que lorsque j’étais fit, j’étais clairement au niveau. D’ailleurs, la plupart des joueurs qui m’ont côtoyé ont énormément appris et progressé à mes côtés. Si un joueur comme Jérôme Lafourcade évolue aujourd’hui en L2, ce n’est pas un hasard.

JLD : si vous deviez décrire votre type de jeu ?

FH : jeune j’ai occupé des postes plutôt offensifs mais en senior j’ai toujours été positionné au milieu dans l’axe, au cœur du jeu. En effet, mes entraîneurs ont toujours fait le choix (judicieux à mon sens) de construire leur équipe autour de moi plutôt que de me demander de me fondre dans un collectif qui n’aurait pas rendu grâce à mon talent. Il faut bien avouer que j’ai toujours été doté d’une technique individuelle et d’une vision de jeu hors normes, ce qui m’a permis de ne jamais avoir à trop pousser côté physique.

JLD : un joueur ou un club pro que vous affectionnez tout particulièrement ?

FH : aucun club en particulier, non. J’ai toujours un certain ressentiment envers les différents recruteurs de ces clubs de m’avoir fait passer à côté d’une carrière d’élite qui me tendait les bras. Pour le joueur, je dirai bien évidemment Marco Van Basten, la ressemblance physique saute aux yeux, pas besoin d’en dire davantage je pense.

JLD : hum.

FH : …

JLD : cette saison, changement de casquette, puisque vous prenez pour la première fois les rênes d’une équipe en tant qu’entraîneur. Les U17 en l’occurrence. Comment s’est présentée cette opportunité ?

FH : au départ c’est Jean-Pierre Dubroca qui est venu me chercher pour me demander de prendre en main la réserve. J’ai refusé, officiellement en raison de mon emploi du temps professionnel. Officieusement, j’étais sacrément inquiet de me retrouver à gérer un mec comme Benoît Lassabe.

JLD : un contentieux avec Benoît ?

FH : pas du tout. J’estime simplement que c’est le mec le plus catastrophique du club. Pour tout vous dire il semble assez perturbé dans sa tête, ah ah ah (rire sardonique) !!!

JLD : finalement vous acceptez de coacher des U17. Parlez-nous de vos ambitions cette saison avec cette équipe.

FH : C'est la première fois que le club possède une équipe au niveau régional. Nous sommes en entente avec Saint-Sever et Laurède. Dans un premier temps nous avons fixé comme objectif d'essayer de bien jouer au football en prenant un maximum de plaisir. Le deuxième objectif, car nous restons des compétiteurs, est d'essayer de se maintenir à ce niveau afin que les jeunes puissent arriver en senior avec un bon bagage footballistique. La formation est très importante car ce sont ces joueurs là qui seront amenés en jouer en équipe fanion dans quelques années. Concernant le championnat U17, on a pu remarquer que c'est un championnat très intéressant. En effet, nous affrontons des clubs avec de très grosses écoles de foot (Arcachon, Dax, Anglet, Lormont,…) ce qui nous permettra, espérons-le, de progresser. De plus à ce niveau on a pu se rendre compte qu'il faut être rigoureux et exigeant car la moindre erreur est sanctionnée. Par conséquent, nous espérons régler nos problèmes défensifs afin de pouvoir nous maintenir. A l'heure actuelle, nous avons remporté un match et connu la défaite à deux reprises. Ce week-end nous affrontons Cote Sud Landes* avec peut-être en lever de rideau les U18 contre Hagetmau.

JLD : merci François pour nous avoir accordé cette interview.

FH : de rien. Vous voulez des Curly ? Un whisky ?

* NDLR : l’entretien s’est déroulé avant la rencontre du 12/10 qui a vu les Chalossais s’imposer 6-1


Soucieux de l’impartialité de ses portraits, Jack Lang-Deputte s’est appuyé sur un homme qui connaît parfaitement l’intéressé : Baptiste Zanchetin. Ressortissant montois lui aussi, il a moins accompagné François dans ses pérégrinations sportives que dans ses multiples soirées. Ils sont notamment étroits partenaires au sein de l’excellente peña des Pechos qui défend tauromachie, esprit festif et cinéma slovaque des années 70.

Jack Lang Deputte : Baptiste, dites nous tout, à quel point la fragilité du corps de François l’a privé d’une carrière footballistique ?

Baptiste Zanchetin : C’est vrai que son physique l’a trahi (et pas uniquement avec les femmes). Son centre de gravité en a certes surpris plus d’un mais son embonpoint l’a surtout privé de toute ambition sportive quelconque.    

JLD : pourtant, on nous le décrit comme un virtuose du ballon, un véritable artiste ?

BZ : un gars qui court la tête en arrière, qui a une pilosité hyper développée, une calvitie naissante et qui se fout des sparadraps sur le téton, j’ai du mal à voir le côté artistique là-dedans honnêtement.

JLD : mais alors si ce n’est le football, quelle(s) passion(s) anime(nt) François ?

BZ : la 3ème mi-temps évidemment, et je suis bien placé pour en parler. Il est d’ailleurs toujours tenant du titre d’homme le plus saoul à avoir remporté la Coupe des Landes de football (bon certes, il était une nouvelle fois blessé). Mais ce n’est pas tout. François nourrit une véritable passion pour les journées passées en robe de chambre, lunettes à triple foyer vissées sur le nez. Mais sans conteste, ce pour quoi son cœur bat, c’est le flamenco.

JLD : un personnage bien complexe que ce François Hourcau. Mais alors, comment l’imaginer dans 30 ans ?

BZ : dans la vie, je le vois bien tenir un troquet, pourquoi pas avec Aurélien L. Et il fera sans nul doute un grand entraîneur, dans la lignée de Sir Alex Ferguson. En tout cas il aura le même nez que lui, ça c’est sûr.

 


 

Conclusion : François Hourcau n’a pas reçu la formation à la doazitienne. Et ça se voit. Jeune homme dévoré par l’ambition et l’alcool, il n’a pas la modestie que peut inculquer 10 ans de mercredis passés auprès de François St-Martin. Bref, encore un sale type venant de l’extérieur.

Mais bon, comme il a un physique rigolo, on l’aime bien, alors du coup on l’a gardé.

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